Design sur Internet: un phénomène cyclique

31 Jan, 2011 0 commentaires

Après avoir visité plusieurs dizaines de sites on peut se demander quelle est la tendance en design actuellement et surtout vers où se dirige-t-on ? Cette question n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît et il semblerait qu’en fait elle soit sans objet, comme l’article suivant va vous démontrer.

Après avoir étudié la vie de plusieurs centaines de sites au cours des dernières années, force est de constater qu’il n’y a eu aucun changement, aucune innovation en terme de design au cours des 18 ou 24 derniers mois. Ce fait est d’autant plus surprenant qu’il est désormais possible d’établir un cycle concernant le design des sites.

Les nouveaux sites, qu’ils soient professionnels ou personnels semblent tous – je sais que l’on peut toujours trouver le contre exemple, si le “tous” vous gène, mettez “la majorité” à la place – débuter de la même façon. La première version d’un site est toujours à la recherche du “coolet dusympa“. Le degré de “coolitude” étant mesuré par le nombre d’applets Java, de scripts JavaScript, de boutons clignotants et de couleurs dignes du Carnaval de Rio sur la page d’accueil.

Des points supplémentaires sont accordés pour les pages d’introduction en Flash, les fonds d’écran répétant à l’infini le logo de l’entreprise, les images de plus de 100 Ko et le fichier musical MIDI ou le WAV de 500 Ko. Si de plus, le site a été réalisé par un stagiaire ou le cousin du dirigeant, vous êtes sûr d’exploser le niveau de “coolitude”.

Vous arriveriez exactement au même résultat en ne considérant que la complexité de navigation, l’impossibilité de trouver l’information que vous chercher et le rapport (ou l’absence de rapport) entre le contenu du site et l’image de la société. Voulez-vous vraiment que le site de votre fournisseur de seringues soit “cool”?

Ensuite vient la phase du projet. Le déclencheur est la découverte que personne ne visite d’autre page que l’accueil du site, que les commandes sont réduites à zéro et que les seuls messages reçus depuis le Web proposent de gagner $250 000 en trois jours, sans travailler, ni investir.

Bref, la décision est prise de faire appel à une personne pour régler les problèmes causés par la personne précédente. Selon le choix fait à ce niveau, le site prendra différentes orientations.

Une des possibilités est de demander à un graphiste, plus onéreux et si possible sans relation familiale avec le PDG, de repenser le site. Il identifiera immédiatement le problème comme étant la faute du “designer sans qualification ni expérience que vous aviez embauché précédemment”. La solution passera par une nouvelle mise en page et de nouveaux graphiques, plus nombreux, plus brillants, plus contrastés… Le résultat vous aveugle même avec des lunettes de soleil et le moniteur éteint.

Une autre approche est de demander à un responsable informatique de prendre en main le développement du site. Le résultat sera des semaines ou des mois de programmation dans tous les langages de l’univers, une ou plusieurs bases de données et des cookies un peu partout. Enfin un site éblouissant et impressionnant.

D’ailleurs tout le monde est subjugué par les talents de l’équipe informatique, tout le monde sauf les visiteurs qui ne trouvent toujours rien et n’ont pas la réponse à leurs questions.

Une fois ces deux étapes franchies, successivement ou non, le scénario que nombre de sociétés mettent en oeuvre est tout simplement de “laisser tomber Internet et ses promesses non tenues”. Celles qui décident de poursuivre leurs efforts décident de s’attaquer au problème et de le résoudre.

On arrive ainsi à la version finale du site, mise en place par un mix de graphistes, de programmeurs, de personnes du marketing et quelques experts qui ont réellement de l’expérience et des références sérieuses derrière eux.

L’utilisateur découvrira alors un site à la navigation simple et fonctionnelle, des images rapides à charger et pertinentes et du contenu, encore du contenu et toujours du contenu de qualité.

Et finalement ce site fera un carton parce qu’il délivrera ses promesses: de l’information facilement accessible, présentée dans un environnement professionnel par une société qui se soucie de ses utilisateurs et clients.

Maxime Grandchamp

Marketing Internet