Chronique WAP

2 Feb, 2011 1 commentaire

Le WAP arrive enfin. Cela entraîne l’apparition de polémiques que seules les grandes attentes peuvent générer. De la même manière que la mobilité avait été annoncée comme le prochain Eldorado d’Internet, que le WAP avait été initialement désigné comme « le » standard de demain, le voici aujourd’hui critiqué par de nombreuses sources. En synthétisant, on reproche au WAP d’être lent, d’avoir une interface pauvre, et jusqu’à un certain point de ne pas faire réver.

Aujourd’hui, la bande passante dont dispose un téléphone mobile est limité à 9600 bps? Une misère? Des tests réalisés sur des panels d’Internautes et de non-Internautes ont prouvé que c’étaient ces derniers qui étaient les plus consommateurs des services WAP. Si l’on compare le WAP avec un outil bien français, le Minitel ? on se rendra compte que les nouveaux téléphones offrent des services proches de ceux rendus par le Minitel. L’ergonomie de l’écran du téléphone portable reste bien limitée (2 à 5 lignes, 15 à 20 caractères par ligne) par rapport à ce qu’un internaute « classique » s’attend à rencontrer. Le discours habituel du WAP = « Internet in the pocket » est pour le moment quelque peu abusif, pour le moment en tout cas. En effet, le WAP n’est pas « limité » à la norme GSM. L’arrivée des norme GPRS et UMTS, qui apporteront des taux de transferts largement plus importants vers l’appareil, permettra l’apparition de nouvelles applications? On pourra enfin voir la bande annonce de son film, faire de la téléconférence en regardant son téléphone portable, envoyer des images à ses correspondants, ce genre d’applications gourmandes en bande passante?

Aujourd’hui, le WAP, c’est environ (si l’on fait un moyenne de différentes projections et études), 15 millions d’abonnements en Europe, chiffre plus que respectable si l’on considère que le véritable lancement médiatique se fera pour le grand public à partie de cette rentrée. Les appareils de réception sont encore relativement peu nombreux, mais chaque semaine apporte son lot de nouveaux téléphones et assistants numériques compatibles?

La déception tient également au fait que l’on est encore au stade de la découverte des services qui seront réellement utilisés par les consommateurs. Les premières projections positionnaient le WAP comme application professionnelle « sérieuse » : on l’utiliserait pour se connecter au système d’information de l’entreprise, pour réserver son avion, son hôtel, pour vérifier le compte en banque, acheter et vendre des actions? Les premières utilisations « effectives », renseignements pris auprès de l’un ou l’autre opérateur, dégagent des killer applications étonnantes a priori : horoscopes, actualités locales, météo, tamagoshis via WAP (wap-agoshis) ! Pourquoi ? Ceux qui se sont précipités sur les nouveaux téléphones ne sont pas les hommes d’affaires, mais les jeunes?

L’apprentissage se fait du coté du « proposeur de contenu » et de l’utilisateur. Qu’est-ce à dire ? « Moi », commerçant, doit trouver une application qui génère à la fois de la valeur pour mon entreprise et pour mon client. Les coûts de lancement, de gestion, de maintenance de mes services doivent me rapporter plus qu’ils ne me coûtent. « Moi » utilisateur ne vait utiliser mon téléphone WAP que si j’y trouve des services que je suis incapable de trouver « dans la vraie vie » à un autre endroit.

Procédons à l’aide de quelques exemples.

Aujourd’hui : on se contente de pouvoir regarder les horaires de son cinéma préféré, de trouver le numéro de téléphone d’un restaurant sélectionné sur quelques critères (ville et type de nourriture par exemple?).

Demain : on pourra choisir, en se promenant dans une ville inconnue, de se faire indiquer les programmes des 3 cinémas à moins de 10 minutes à pieds, de visionner les bandes annonces des films qui passent de réserver sa place de cinéma. Dans la foulée, en fonction de l’heure de sortie de la projection, on s’inquiètera déjà du restaurant qui nous accueillera. De la même manière, grace à une localisation géographique, on pourra choisir son restaurant, jeter un coup d’?il sur leur carte, et réserver sa place?

Ces services sont-ils des arnaques de la communication, pour encourager les lambdas que nous sommes à s’équiper ou véritable promesse de révolution ?

Difficile question !!! Il est probable que tous ces services interactifs mettent un certain temps pour arriver et se mettre en place. Les facteurs de ralentissement ? Tout d’abord la concurrence, bien évidemment? On peut « garantir » qu’une ville où 3 entreprises de cinéma s’affrontent pour le marché aura plus vite ce genre de services qu’une ville où une entreprise se retrouve en monopole.

Deuxième facteur de ralentissement : l’existence ou l’absence de système d’information réel dans les entreprises proposant leurs services. Les restaurants : il existe d’ores et déjà des services de réservation en ligne. Une fois la réservation faite, un fax est automatiquement envoyé au restaurant pour que la table soit réservée. Première constatation : il faut envoyer un fax? Deuxième constatation, pour l’avoir déjà vécu : le restaurateur lit rarement ses fax? Pour qu’il consulte et honore les réservations WAP, il faudra que le sens du service progresse également du coté des prestataires? La technologie se contente de rendre les choses possibles? Elle ne systématise pas leur offre et la concrétisation des potentiels.

Au fur et à mesure que la technologie progressera, les bouchons et goulots d’étranglement se déplaceront. Le rythme d’évolution et d’adaptation de la technologie est rapide, de plus en plus rapide. Ce sont les entreprises « traditionnelles » qui peinent aujourd’hui à adopter sans crainte et rapidement les nouvelles manières de faire. Le WAP devient, dans cette optique, autre chose qu’une révolution technologique. Le WAP devient le contenant? Il rend possible des nouveaux comportements qui auparavant n’étaient pas imaginables. Aujourd’hui déjà, en dépit des limites technologiques que l’on a déjà survolé, le WAP est « sous-utilisé » car considéré d’une manière technicienne. Le défi est pour toute entreprise de trouver un moyen innovant et rentable de fournir des services à valeur ajoutée à ses clients? Et ça, c’est le travail du marketing? pas de l’informatique?

Vincent Ruck

Vincent Ruck est Information Analyst à l’Observatoire des Nouveaux Médias (ONM) à Luxembourg. La mission de l’ONM est notamment d’aider les entreprises dans leur compréhension et découverte des NTIC.

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L'auteur:

Responsable éditorial du site Marketing Internet

  • Lulah Da’Curly

    De quand date exactement cet article SVP ?