J'ai acheté une marque : " saintjames ", et j'ai crée un site internet dénommé : http://www.saint-james.com. Or je suis attaqué devant les tribunaux pour contrefaçon de marques par le propriétaire d'une marque " saint- john ", disposant d'un site internet : http://www.saint-john.com . Y a t il réellement contrefaçon ?
Conformément à l'article L
713-3 du Code de propriété
intellectuelle est
interdite :
" l'imitation d'une
marque et l'usage
imité, pour des produits ou services
identiques ou similaires à
ceux désignés dans
l'enregistrement "
Notion de produits similaires
Sont similaires des services ou des
objets qui lorsqu'ils
portent la même marque, peuvent être
rattachés par la
clientèle à la même origine.
Les tribunaux
étudient plusieurs facteurs pour déterminer
la
contrefaçon :
- la nature des produits ou services :
Seront considérés comme similaires
deux services ayant une
nature voisine.
Ex : des
planches à voiles et des bateaux, des services
d'organisation
de publicité ( même si les moyens utilisés
sont différents (
Tribunal de Grande Instance de Paris 28/6/1996)
Seront considérés comme similaires les produits
vendus dans
les mêmes magasins ou proposés dans les mêmes
rayons.
Si on applique ce raisonnement à Internet, vous
proposez un
produit, qui non seulement est similaire dans sa
nature, mais est
distribué de la même façon.
Ainsi seront considérés comme similaires les bandes magnétiques et les cassettes enregistrées
- la ressemblance entre les signes :
La comparaison
porte sur le signe lui-même ( indépendamment
de sa
calligraphie)
Le contrefacteur ne saurait, pour échapper au
grief d'imitation,
arguer de différences dans la qualité des
produits ( Cour d'appel
de Paris 30/10/90/) ou de leur
présentation ( Cour d'appel
de Paris 11 mars 1993).
Les
magistrats étudient non seulement les ressemblances mais
encore
les différences entre les produits
Similitudes
phonétiques :
Ce type de similitude est le plus
fréquemment retenu. Elle
résulte d'une similitude de
construction entre les marques
qui présentent la même structure
et la même composition.
Ex de contrefaçon de marque :
Yaspi et Yampi, Pariscope et
Pariscopie, Brig et Brio, Pull ou
Face et Pile ou face, Femme et
Fam, Sherman et
Chairman.
Quand la marque est composée de deux mots (marque complexe), la marque imitante reprend souvent l'un d'entre eux, qu'il soit distinctif ( Pages dans Pages jaunes et Pages soleil) ou non ( Vache dans La Vache qui rit et La Vache sérieuse.
CONCLUSION
Deux marques se référant au même concept et composées de manière identique sont en général considérées comme imitantes.
Néanmoins, les tribunaux s'écartent parfois de ces principes pour rendre des décisions qui peuvent paraître surprenante, si bien qu'il est assez difficile de connaître à l'avance l'issue d'un litige fondée sur une imitation de marque.
Ainsi la Cour d'appel de Paris a estimé que
la marque
Claridge n'imitait pas la marque Carlton déposée
pour les
même produits( des mousseux à la pêche).
La cour
d'appel de Paris a considéré que la marque Val de
Sèvre
n'était pas imité par la marque Val d'Armor
utilisée
pour les mêmes produits.
La Cour d'appel de Paris a
considéré le 10 octobre 1997
que la marque " Saint
James " n'était
pas contrefaite par la
marque " Saint-John "
car le terme Saint est
usuel..
Le problème est que l'appréciation de la
similarité est
une question de fait, laissée au pouvoir
d'appréciation du
juge qui peut être très subjectif .
Article extrait du site http://Marketing-Internet.com